Auteur/autrice : Theo Bakouche Desseaux

  • ACRE 2026 : pourquoi tu n’y as peut-être plus droit en t’installant

    Si tu t’installes en libéral en pensant profiter automatiquement de l’ACRE pour alléger tes premières cotisations, il faut vérifier ta situation avant de bâtir ton budget dessus — les règles ont changé au 1er janvier 2026, et pas dans le sens le plus favorable.

    Ce qui a changé

    Avant 2026, l’ACRE était accessible de façon large à la plupart des créateurs d’entreprise, avec une démarche souvent quasi automatique. Depuis le 1er janvier 2026, l’accès est restreint à une liste fermée de catégories, et une demande explicite auprès de l’Urssaf est désormais obligatoire dans tous les cas — y compris pour les praticiens et auxiliaires médicaux (donc les kinés), explicitement visés par le texte. Cette demande doit être déposée dans un délai maximum de 60 jours suivant la date de début d’activité, avec le formulaire dédié et les justificatifs correspondant à ta situation.

    LE DÉLAI

    60 jours

    à compter du début d’activité pour déposer le dossier auprès de l’Urssaf. Passé ce délai, le droit à l’ACRE est perdu — même en cochant une des catégories éligibles.

    Qui reste éligible en 2026

    D’après le texte officiel de l’Urssaf, l’ACRE reste réservée aux personnes qui se trouvent, au moment de la création ou de la reprise de leur activité, dans l’une de ces situations :

    • Demandeur d’emploi indemnisé
    • Demandeur d’emploi non indemnisé, inscrit à France Travail depuis au moins 6 mois sur les 18 derniers mois
    • Bénéficiaire du RSA ou de l’ASS
    • Jeune de 18 à 25 ans révolus
    • Personne de moins de 30 ans non indemnisée (durée d’activité insuffisante pour l’ouverture de droits)
    • Personne de moins de 30 ans reconnue handicapée
    • Salarié ou personne licenciée d’une entreprise en sauvegarde, en redressement ou en liquidation judiciaire, qui reprend l’activité de cette entreprise
    • Bénéficiaire d’un CAPE (contrat d’appui au projet d’entreprise), sous réserve de remplir l’une des conditions ci-dessus à la date de conclusion du contrat
    • Création d’une entreprise implantée en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV)
    • Bénéficiaire de la PreParE (prestation partagée d’éducation de l’enfant)
    • Exercice en zone France ruralités revitalisation (ZFRR) ou ZFRR « plus »

    Et il ne faut pas avoir déjà bénéficié de l’ACRE au cours des trois années précédentes.

    Qui n’y a plus droit

    Si tu ne coches aucune de ces cases — le cas le plus fréquent pour un kiné qui s’installe après ses études sans période de chômage indemnisé, hors zone prioritaire — tu n’as tout simplement plus accès à l’ACRE. Ce n’est pas un dispositif réduit : c’est une exclusion totale pour ce profil, contrairement à avant.

    À NE PAS CONFONDRE

    Réduction ≠ exclusion

    Avant 2026, ne pas cocher une catégorie réduisait simplement l’avantage. Depuis le 1er janvier 2026, c’est une exclusion totale du dispositif pour qui ne coche aucune case — pas une simple diminution.

    Ce que ça change concrètement

    Le calcul de tes premières cotisations sociales (Urssaf, CARPIMKO) ne doit plus intégrer une hypothèse d’exonération partielle si tu ne rentres dans aucune case ci-dessus. Mieux vaut le savoir avant de construire ton budget prévisionnel d’installation que de le découvrir au moment du premier appel de cotisations.

    Comment faire la demande si tu es éligible

    Si tu coches l’une des cases ci-dessus, la démarche passe par un formulaire dédié à transmettre à l’Urssaf dans les 60 jours suivant ton début d’activité (formulaire différent selon que tu relèves du régime général des indépendants ou du régime assimilé salarié — un kiné en exercice individuel ou en société d’exercice libéral avec responsabilité directe relève en général du premier cas). Le dossier doit inclure le formulaire complété, les justificatifs liés à ta situation, et le justificatif de création d’activité du guichet unique.

    SOURCE

    cci-paris-idf.fr

    CCI Paris Île-de-France — « ACRE : durcissement du dispositif au 1er janvier 2026 ». Consulter la page →

    Ce qu’il faut vérifier avant de conclure quoi que ce soit

    Les règles précises (taux d’exonération, durée, cas particuliers pour les sociétés) évoluent et méritent d’être vérifiées au cas par cas au moment de ton installation — cet article ne remplace pas cette vérification, ni l’avis d’un comptable sur ta situation personnelle.

    Sources vérifiées

  • Micro-BNC, régime réel, société : comment un kiné choisit son régime fiscal

    Un kiné libéral a le choix entre trois façons d’être imposé : le micro-BNC (simple, mais un abattement forfaitaire de 34 % qui ne colle pas toujours à la réalité), la déclaration contrôlée — ou régime réel — (plus lourde à tenir, mais qui déduit les charges réellement payées), et l’exercice en société comme la SEL (qui change complètement de logique fiscale, à l’impôt sur les sociétés). Le bon choix dépend presque toujours d’un seul chiffre : le montant réel de vos charges professionnelles rapporté à vos recettes. En dessous de 34 %, le micro-BNC est presque toujours plus avantageux. Au-dessus, la déclaration contrôlée reprend la main. La société, elle, ne devient intéressante qu’à un niveau de revenu nettement plus élevé, ou pour d’autres raisons (association, transmission).

    Le micro-BNC, la simplicité par défaut

    Le micro-BNC s’applique tant que vos recettes annuelles restent sous 83 600 € HT (seuil 2026, valable pour la période 2026-2028). Vous ne tenez qu’un livre des recettes, vous déclarez sur le formulaire 2042 C PRO, et l’administration applique automatiquement un abattement forfaitaire de 34 % censé représenter vos frais professionnels — vous êtes donc imposé sur 66 % de ce que vous encaissez, sans avoir à justifier la moindre dépense.

    LE SEUIL

    83 600 €

    de recettes annuelles HT (2026-2028). Au-delà, la déclaration contrôlée devient obligatoire. En dessous, l’administration applique un abattement forfaitaire de 34 % sans justificatif.

    Point à corriger tout de suite, parce qu’il revient souvent dans les contenus génériques sur le micro-BNC : pour un kiné conventionné, les cotisations URSSAF et CARPIMKO ne sont pas calculées en pourcentage simplifié du chiffre d’affaires comme chez un auto-entrepreneur. Un kiné conventionné n’a d’ailleurs pas accès au statut auto-entrepreneur (régime micro-social) — le micro-BNC qui le concerne est uniquement un régime fiscal, appliqué sur une entreprise individuelle classique. Vos cotisations restent calculées sur votre revenu professionnel réel déclaré, que vous soyez en micro-BNC ou en déclaration contrôlée.

    À NE PAS CONFONDRE

    Micro-BNC ≠ auto-entrepreneur

    Le premier est un régime fiscal ouvert à toute entreprise individuelle. Un kiné conventionné n’a pas accès au second (régime micro-social) — ses cotisations Urssaf/Carpimko restent calculées sur le revenu réel, jamais en pourcentage simplifié du chiffre d’affaires.

    Le micro-BNC convient bien en début d’activité, ou tant que vos charges réelles (loyer ou redevance de collaboration, matériel, véhicule, formation, RCP, cotisation ordinale…) restent en dessous de ce forfait de 34 %. Dès qu’elles le dépassent — ce qui arrive vite pour un kiné installé, équipé, avec une redevance de collaboration ou un loyer de cabinet — le forfait devient pénalisant : vous payez de l’impôt sur des charges que vous avez réellement engagées mais que vous ne pouvez pas déduire.

    La déclaration contrôlée, quand les vraies charges dépassent le forfait

    La déclaration contrôlée (aussi appelée régime réel) devient obligatoire au-delà de 83 600 € de recettes, mais vous pouvez aussi opter pour ce régime volontairement en dessous de ce seuil — et c’est souvent le bon calcul dès que vos charges réelles dépassent 34 % de vos recettes.

    Le principe change du tout au tout : au lieu d’un forfait automatique, vous déduisez vos dépenses professionnelles réelles (et les amortissements de votre matériel ou de votre véhicule), sur la base d’une comptabilité recettes-dépenses complète — livre-journal, registre des immobilisations, déclaration n° 2035 en complément de votre 2042 C PRO.

    Un point mérite d’être corrigé, parce qu’il circule encore beaucoup en ligne : la majoration fiscale de 25 % pour absence d’adhésion à une association de gestion agréée (AGA/OGA) a été totalement supprimée depuis l’imposition des revenus 2023. Adhérer à une AGA n’est donc plus nécessaire pour éviter une pénalité — elle n’existe plus. L’adhésion reste possible pour d’autres avantages (accompagnement, délai de reprise fiscale réduit, crédit d’impôt sous conditions pour les frais de tenue de comptabilité), mais ce n’est plus un réflexe obligatoire.

    En pratique, la déclaration contrôlée demande davantage de rigueur comptable, et un expert-comptable devient vite utile (pas obligatoire légalement, mais la gestion des amortissements et de la quote-part professionnelle d’un véhicule ou d’un local mixte se prête mal à l’improvisation).

    Passer en société — SCM et SEL, deux choses très différentes

    Deux structures reviennent souvent dans les discussions entre kinés, et elles n’ont rien à voir sur le plan fiscal.

    La SCM (société civile de moyens) est une structure de mutualisation : vous partagez des locaux, du matériel ou du secrétariat avec des confrères, mais chacun continue à facturer et à être imposé en son nom propre, en BNC individuel — micro ou réel, selon votre situation. La SCM ne change rien à l’arbitrage décrit plus haut.

    La SEL (société d’exercice libéral, par exemple une SELARL) change tout : c’est la société elle-même qui exerce et facture, et elle est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS) — 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice (ce seuil n’a pas été relevé par la loi de finances 2026, malgré une proposition en ce sens), puis 25 % au-delà. Le dirigeant est ensuite rémunéré (déductible du résultat, cotisations sociales, IR au barème) et/ou perçoit des dividendes (fiscalité à part, flat tax relevée à 31,4 % en 2026 avec la hausse de la CSG). Une règle à connaître si vous envisagez une SELARL : la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social (+ primes d’émission + compte courant d’associé) reste soumise aux cotisations sociales, en plus de la flat tax.

    BASE LÉGALE

    Loi de finances 2026

    Le seuil du taux réduit d’IS reste fixé à 42 500 € de bénéfice — une hausse à 100 000 €, votée par l’Assemblée, n’a pas été retenue dans le texte définitif.

    La SEL devient généralement pertinente à un niveau de revenu professionnel nettement plus élevé (de l’ordre de 120 000 à 150 000 € de bénéfice selon les cabinets d’expertise comptable consultés — ce chiffre varie selon les situations et n’est pas un seuil officiel), ou pour d’autres raisons que la seule optimisation fiscale : s’associer avec des confrères, capitaliser une partie du résultat plutôt que tout percevoir en revenu immédiat, ou limiter sa responsabilité. Les coûts de structure (comptabilité, greffe, statuts) sont aussi nettement supérieurs à ceux d’une entreprise individuelle.

    Comment trancher, concrètement

    Trois repères, dans l’ordre où se poser les questions :

    • Vos charges professionnelles réelles dépassent-elles 34 % de vos recettes ? Si non, restez en micro-BNC. Si oui, la déclaration contrôlée mérite d’être chiffrée avec un expert-comptable.
    • Vos recettes annuelles dépassent-elles 83 600 € ? La déclaration contrôlée devient alors obligatoire, quel que soit le niveau de vos charges.
    • Votre revenu professionnel dépasse-t-il largement 100 000 €, ou avez-vous un projet d’association, de capitalisation ou de transmission ? C’est là que la question de la société (SEL) commence à se poser sérieusement — pas avant.

    Ces repères donnent une direction, pas une réponse définitive : votre situation individuelle (niveau de charges réelles, projets à moyen terme, régime matrimonial, autres revenus du foyer) doit toujours être validée avec un expert-comptable avant de changer de régime. Les seuils et taux cités ici sont ceux en vigueur en 2026 — ils évoluent chaque année avec la loi de finances, à vérifier si vous lisez cet article plus tard.

    Sources

    • Micro-BNC : seuil 83 600 €, abattement 34 % (recettes 2026-2028) — contomed.fr
    • Suppression de la majoration de 25 % pour non-adhésion à une AGA/OGA depuis l’imposition des revenus 2023 — lecoindesentrepreneurs.fr
    • Seuil du taux réduit d’IS à 15 % maintenu à 42 500 € de bénéfice en 2026 (une hausse à 100 000 € votée par l’Assemblée n’a pas été retenue dans le texte définitif) — legifiscal.fr, economie.gouv.fr
    • Flat tax sur les dividendes relevée à 31,4 % en 2026 (hausse de la CSG) — legifiscal.fr
    • Règle des 10 % du capital social pour les dividendes de SELARL/SELAS soumis aux cotisations TNS, inchangée en 2026 — contomed.fr
  • Ce que la hausse du prix de l’énergie change pour la trésorerie d’un cabinet

    Un cabinet de kinésithérapie n’est pas une usine énergivore, mais l’électricité et le gaz y pèsent plus qu’on ne le pense : chauffage de la salle d’attente et des box, éclairage sur toute l’amplitude d’ouverture, appareils d’électrothérapie ou d’ultrasons, parfois un bassin de balnéothérapie. Depuis la fin des dispositifs de crise mis en place en 2022-2023, cette charge n’est plus amortie par l’État : les hausses tarifaires arrivent directement sur la facture, donc sur la trésorerie du cabinet. Voici ce qui change concrètement, et comment l’anticiper plutôt que le subir.

    Ce qui a changé côté prix : la fin des filets de sécurité

    Entre 2022 et 2024, plusieurs dispositifs publics ont amorti la flambée des prix de l’énergie pour les entreprises : bouclier tarifaire, puis amortisseur électricité. Ce dernier a pris fin le 1ᵉʳ janvier 2025. Depuis, un cabinet libéral absorbe l’intégralité des mouvements de prix décidés par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Concrètement, le tarif réglementé de vente d’électricité augmente de 2,5 % TTC au 1ᵉʳ août 2026, et le prix repère du gaz augmente de 7,8 % en octobre 2026. Ce ne sont plus des hausses lissées par un filet de sécurité : elles se répercutent directement sur la facture du mois suivant.

    LA HAUSSE

    +7,8 %

    sur le prix repère du gaz en octobre 2026 (+2,5 % pour l’électricité au 1ᵉʳ août 2026) — répercutée directement, sans filet de sécurité depuis la fin de l’amortisseur électricité.

    Pourquoi un petit cabinet est concerné, même sans grosse consommation

    Un cabinet libéral n’a pas la consommation d’un site industriel, mais son énergie est difficile à comprimer : chauffage et éclairage sur toute l’amplitude d’ouverture pour le confort du patient, matériel (électrothérapie, ultrasons, parfois balnéothérapie), eau chaude. C’est une charge fixe, incompressible à court terme, contrairement au nombre de patients reçus dans le mois. Elle est intégralement déductible en BNC — mais la déductibilité réduit l’impôt de l’année suivante, elle n’annule pas la sortie de trésorerie immédiate au moment de payer la facture.

    À NE PAS CONFONDRE

    Déductible ≠ neutre en trésorerie

    La facture d’énergie est intégralement déductible en BNC, mais cette déduction réduit l’impôt de l’année suivante — elle n’annule pas la sortie de trésorerie immédiate au moment de payer.

    Le tarif réglementé, de nouveau accessible aux petites structures

    Depuis le 1ᵉʳ février 2025, les très petites entreprises peuvent de nouveau souscrire au tarif réglementé de vente d’électricité (le « tarif Bleu » d’EDF), à condition de répondre à trois critères cumulatifs : moins de 10 salariés, un chiffre d’affaires ou un total de bilan n’excédant pas 2 millions d’euros, et une puissance souscrite inférieure à 36 kVA. La plupart des cabinets de kinésithérapie libéraux entrent dans ces seuils. L’intérêt du tarif réglementé n’est pas d’être toujours le moins cher : c’est un prix fixé et publié à l’avance par la CRE, donc plus prévisible qu’une offre de marché indexée. Ce point mérite d’être vérifié au cas par cas auprès de son fournisseur, en particulier au moment du renouvellement de contrat.

    BASE LÉGALE

    Art. L.337-7 du code de l’énergie

    Fixe les critères d’éligibilité au tarif réglementé Bleu Pro : moins de 10 salariés, CA ou bilan ≤ 2 M€, puissance souscrite inférieure à 36 kVA.

    Ce que ça change pour la trésorerie, concrètement

    Une hausse de 2,5 % sur l’électricité ou de 7,8 % sur le gaz paraît modeste en pourcentage. Le problème n’est pas le montant en lui-même, mais son caractère automatique et récurrent : elle s’applique que le mois ait été calme ou chargé, et elle s’ajoute à d’autres charges elles aussi en hausse (assurance, logiciels, comptabilité). C’est ce cumul de petites hausses régulières, plus que chacune prise isolément, qui grignote la marge disponible avant la rémunération du praticien. Le réflexe de trésorerie utile ici est le même que pour toute charge prévisible : l’anticiper plutôt que la découvrir. La CRE publie ses barèmes à l’avance (le gaz environ un mois avant, l’électricité plusieurs mois avant), ce qui laisse le temps d’ajuster une provision mensuelle plutôt que d’être surpris au moment de payer la facture.

    Trois réflexes pour anticiper, pas subir

    • Vérifier son éligibilité au tarif réglementé Bleu Pro (moins de 10 salariés, chiffre d’affaires ou bilan sous 2 M€, puissance sous 36 kVA) : une option de stabilité tarifaire plutôt que le marché libre.
    • Repérer la date de renouvellement de son contrat d’énergie et la rapprocher du calendrier des annonces de la CRE, pour ne pas être surpris au moment du renouvellement.
    • Provisionner chaque mois une fraction de la hausse anticipée plutôt que d’ajuster dans l’urgence au moment de payer la facture.

    Comme pour toute évolution réglementaire, les chiffres cités ici sont ceux en vigueur au moment de la publication : les barèmes CRE évoluent régulièrement, à vérifier si vous lisez cet article plus tard. Le choix d’un contrat ou d’un fournisseur reste propre à chaque cabinet — à valider avec son fournisseur ou son expert-comptable selon le cas.

    Sources

    • Hausse du tarif réglementé de vente d’électricité (TRVE) de 2,5 % TTC au 1ᵉʳ août 2026 — cre.fr
    • Hausse du prix repère du gaz de 7,8 % en octobre 2026 (données CRE) — fournisseurs-electricite.com
    • Fin du dispositif « amortisseur électricité » au 1ᵉʳ janvier 2025 — entreprises.selectra.info
    • Conditions d’éligibilité au tarif réglementé Bleu Pro pour les TPE (moins de 10 salariés, CA/bilan ≤ 2 M€, puissance < 36 kVA — article L.337-7 du code de l’énergie) — edf.fr/entreprises
  • Un ETF, c’est quoi exactement — et pourquoi ça concerne un praticien libéral qui épargne

    Le mot revient de plus en plus souvent dans les conversations entre praticiens qui épargnent pour leur retraite ou placent la trésorerie excédentaire du cabinet : ETF, ou « tracker ». C’est un terme technique, mais le mécanisme derrière est simple à comprendre. Cet article explique ce qu’est un ETF, comment il fonctionne, et dans quelles enveloppes fiscales on peut en détenir — sans recommander de produit ni de moment pour investir : ce choix reste propre à chaque situation, à valider avec un conseiller en investissements financiers (CIF) ou un conseiller en gestion de patrimoine.

    Un ETF, c’est quoi concrètement

    Un ETF (exchange-traded fund), aussi appelé « tracker », est un fonds coté en bourse dont l’objectif est de répliquer la performance d’un indice — le CAC 40, le S&P 500, le MSCI World — plutôt que de chercher à le battre. Concrètement, acheter une part d’ETF MSCI World revient à acheter, en une seule opération, environ 1 300 entreprises réparties dans 23 pays développés. Contrairement à un fonds classique, valorisé une fois par jour, l’ETF se négocie en continu sur un marché boursier, comme une action.

    À NE PAS CONFONDRE

    ETF ≠ fonds classique (OPCVM)

    Un OPCVM classique n’est valorisé qu’une fois par jour. Un ETF se négocie en continu sur un marché boursier, comme une action — et vise à répliquer un indice plutôt qu’à le battre.

    Pourquoi les frais font une vraie différence sur le long terme

    Un ETF est géré passivement : il n’y a pas d’équipe qui cherche à sélectionner les meilleures actions, ce qui réduit fortement les frais de gestion (le TER, total expense ratio). Sur un ETF répliquant un grand indice comme le S&P 500 ou le MSCI World, ce taux se situe couramment entre 0,03 % et 0,30 % par an. Un fonds classique géré activement (OPCVM) facture en général entre 1 % et 2,5 % par an, autour de 1,8 % en moyenne. L’écart peut sembler faible, mais il se compose chaque année sur le capital investi : sur plusieurs décennies, un point de frais en moins représente mécaniquement une part importante du capital final, à hypothèses de performance égales par ailleurs.

    LES FRAIS

    0,03 à 0,30 %

    de frais de gestion annuels (TER) pour un ETF sur un grand indice, contre 1 % à 2,5 % (1,8 % en moyenne) pour un OPCVM classique géré activement.

    Les risques à connaître avant d’y regarder de plus près

    Un ETF n’est pas un placement garanti : sa valeur suit celle de l’indice qu’il réplique, à la hausse comme à la baisse. Quatre points sont utiles à connaître avant de s’y intéresser de plus près :

    • Risque de marché : la valeur d’un ETF baisse quand l’indice qu’il suit baisse, sans plancher garanti.
    • Écart de suivi (tracking error) : la performance de l’ETF peut s’écarter légèrement de celle de l’indice qu’il est censé répliquer.
    • Liquidité : dans des marchés très perturbés, certains ETF peuvent devenir temporairement plus difficiles à acheter ou vendre au prix affiché.
    • Risque de contrepartie : pour les ETF à réplication synthétique (via un contrat d’échange), ce risque est plafonné à 10 % de la valeur de l’ETF par la réglementation européenne (UCITS).

    Où loger un ETF : PEA, compte-titres, assurance-vie

    Le choix de l’enveloppe fiscale change beaucoup, à ETF identique. Le PEA (plan d’épargne en actions) permet de loger des ETF actions européennes ou répliquant des indices internationaux via des ETF éligibles, dans la limite d’un plafond de versements de 150 000 € par titulaire (300 000 € pour un couple avec deux PEA) ; les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu après 5 ans de détention, seuls les prélèvements sociaux restant dus, au taux de 18,6 % depuis la LFSS 2026. Le compte-titres ordinaire (CTO) permet de loger n’importe quel ETF, y compris ceux répliquant des indices hors Europe sans contrainte d’éligibilité, mais les gains supportent la flat tax de 31,4 % quelle que soit la durée de détention. L’assurance-vie, enfin, offre un cadre fiscal différent selon l’ancienneté du contrat et reste, à ce jour, exclue de la hausse des prélèvements sociaux de 2026 : son taux demeure à 17,2 %. Le choix entre ces enveloppes dépend de la situation patrimoniale et des objectifs de chacun, et mérite d’être validé avec un CIF ou un conseiller en gestion de patrimoine.

    BASE LÉGALE

    LFSS 2026

    Relève le taux des prélèvements sociaux à 18,6 % sur les gains du PEA et du compte-titres. L’assurance-vie reste, à ce jour, exclue de cette hausse (taux maintenu à 17,2 %).

    Cet article ne constitue pas un conseil en investissement financier et ne recommande aucun produit, aucun émetteur ni aucun moment pour investir. Il vise uniquement à expliquer un mécanisme et les grandes catégories d’enveloppes disponibles. Les taux et plafonds cités sont ceux en vigueur à la date de publication et évoluent avec la réglementation ; toute décision d’investissement doit être adaptée à la situation personnelle de chacun et validée avec un professionnel habilité (CIF, conseiller en gestion de patrimoine, expert-comptable).

    Sources

    • Définition, fonctionnement et risques d’un ETF (marché, tracking error, liquidité, contrepartie plafonnée à 10 % pour la réplication synthétique) — toutsurmesfinances.com
    • Comparaison des frais de gestion (TER) : ETF entre 0,03 % et 0,30 % par an contre 1 % à 2,5 % pour un OPCVM classique — finref.fr
    • Plafonds du PEA et taux des prélèvements sociaux 2026 (18,6 % pour le PEA et le CTO, 17,2 % maintenu pour l’assurance-vie) — hagnere-patrimoine.fr
    • Composition de l’indice MSCI World : environ 1 300 entreprises réparties dans 23 pays développés (données au 30 juin 2026) — epargnant30.fr
  • Lire son bilan comptable annuel sans être comptable

    Chaque année, l’expert-comptable transmet un jeu de documents accompagné d’un rendez-vous bilan : bilan, compte de résultat, annexes. Beaucoup de praticiens libéraux les feuillettent rapidement avant de signer, sans vraiment savoir quoi regarder. Cet article donne quelques repères simples pour comprendre ce que raconte un bilan comptable, sans remplacer l’analyse d’un professionnel.

    Qui reçoit vraiment un bilan comptable ?

    Tous les praticiens libéraux n’ont pas de bilan comptable au sens strict. En micro-BNC, en dessous du seuil de recettes (83 600 € pour la période 2026-2028), la seule obligation est de tenir un livre des recettes : pas de bilan, pas de compte de résultat formel. Au-delà de ce seuil, en déclaration contrôlée (formulaire 2035), une comptabilité de trésorerie devient obligatoire, avec un registre des immobilisations, mais toujours sans bilan au sens comptable classique. C’est en société — SELARL, SELAS — que les comptes annuels complets s’imposent : bilan, compte de résultat et annexes, déposés chaque année au greffe du tribunal de commerce. C’est ce document-là, propre aux sociétés, qui est au cœur de cet article.

    LE SEUIL

    83 600 €

    En dessous, un livre des recettes suffit (micro-BNC). Au-delà, une comptabilité de trésorerie complète s’impose — le bilan classique, lui, ne concerne que les sociétés.

    Le bilan, une photographie à un instant T

    Le bilan comptable est une photographie du patrimoine du cabinet à une date précise, celle de la clôture de l’exercice. Il repose sur une règle simple : le total de l’actif est toujours égal au total du passif, puisque tout ce que possède la société est nécessairement financé par une origine identifiable. C’est ce qui le distingue du compte de résultat, qui lui raconte un flux : les produits et les charges sur toute la durée de l’exercice, pour aboutir au résultat net (bénéfice ou perte). Le bilan répond à la question « qu’est-ce que le cabinet possède et doit, à cet instant ? », le compte de résultat répond à « comment l’année s’est-elle passée ? ». Les deux documents sont complémentaires et se lisent ensemble.

    À NE PAS CONFONDRE

    Bilan ≠ compte de résultat

    Le bilan photographie ce que le cabinet possède et doit à un instant T. Le compte de résultat raconte un flux : produits et charges sur toute la durée de l’exercice. Les deux se lisent ensemble.

    Ce que contient l’actif : ce que le cabinet possède

    L’actif immobilisé regroupe ce que le cabinet possède durablement : le matériel médical (tables de traitement, appareils d’électrothérapie ou d’ultrasons, matériel de balnéothérapie), l’agencement du local, le mobilier, parfois un fonds de commerce ou des parts de société civile immobilière si les murs sont détenus séparément. Ces éléments sont inscrits pour leur valeur d’achat diminuée des amortissements déjà comptabilisés. L’actif circulant regroupe ce qui bouge plus vite : les créances (sommes dues par la Sécurité sociale, les mutuelles ou les patients, en attente d’encaissement), et les disponibilités, c’est-à-dire les soldes bancaires et la caisse. Plus les disponibilités sont élevées par rapport aux dettes à court terme, plus la trésorerie immédiate du cabinet est confortable.

    À NE PAS CONFONDRE

    Immobilisé ≠ circulant

    L’actif immobilisé, c’est ce que le cabinet possède durablement (matériel, agencement). L’actif circulant bouge plus vite : créances en attente d’encaissement, disponibilités bancaires.

    Ce que contient le passif : comment c’est financé

    Les capitaux propres regroupent l’apport initial des associés, les réserves accumulées au fil des exercices, et le résultat de l’exercice en cours. Des capitaux propres positifs et croissants d’une année sur l’autre indiquent une société qui s’enrichit ; des capitaux propres négatifs signalent que les pertes cumulées ont dépassé ce que les associés ont apporté, un signal qui mérite d’être discuté sans délai avec l’expert-comptable. Les dettes regroupent tout ce que le cabinet doit à des tiers : emprunts bancaires restant à rembourser, dettes fournisseurs, mais aussi les dettes fiscales et sociales (URSSAF, TVA le cas échéant, impôt sur les sociétés). Une part importante de dettes à court terme par rapport à la trésorerie disponible est un point de vigilance, surtout si elle se répète d’année en année.

    Le compte de résultat : la performance de l’année

    Le compte de résultat retrace, sur toute la durée de l’exercice, les produits (honoraires encaissés ou facturés) et les charges (loyer, charges sociales, achats de matériel, honoraires de l’expert-comptable, amortissements, etc.). La différence entre les deux donne le résultat net, qui vient s’ajouter — ou se soustraire — aux capitaux propres du bilan de l’année suivante : c’est le lien direct entre les deux documents. Les experts-comptables présentent souvent des soldes intermédiaires (valeur ajoutée, excédent brut d’exploitation, résultat d’exploitation) qui décomposent ce résultat étape par étape, pour distinguer ce qui vient de l’activité elle-même de ce qui vient d’éléments financiers ou exceptionnels.

    Quelques repères pour une première lecture

    Sans remplacer une analyse approfondie, quelques points peuvent déjà orienter une première lecture :

    • La trésorerie nette : les disponibilités couvrent-elles les dettes à court terme, ou le cabinet dépend-il d’un découvert récurrent ?
    • La tendance des capitaux propres : progressent-ils d’un exercice à l’autre, ou se rapprochent-ils de zéro ?
    • Le résultat net d’une année sur l’autre : est-il stable, en croissance, ou en baisse répétée ?
    • Le poids des dettes à court terme par rapport aux disponibilités : reste-t-il stable ou se creuse-t-il ?

    Ce ne sont là que des points de repère : la vraie valeur du rendez-vous bilan est la discussion avec l’expert-comptable, qui replace ces chiffres dans le contexte du cabinet et peut alerter sur ce qui mérite une attention particulière.

    Sources

    • Structure du bilan comptable : actif, passif, immobilisations, créances, disponibilités, capitaux propres, dettes — clementine.fr
    • Fonds de roulement, BFR et trésorerie nette : définitions et lien entre bilan et solvabilité — business-builder.cci.fr
    • Soldes intermédiaires de gestion : valeur ajoutée, excédent brut d’exploitation, résultat d’exploitation, résultat net — legalstart.fr
    • Obligations comptables du kinésithérapeute selon le régime fiscal (micro-BNC, déclaration contrôlée, société) — compta-facile.com
  • Le FIF-PL, mode d’emploi pour un kiné qui veut faire financer sa formation continue

    Bonne nouvelle passée un peu inaperçue : depuis octobre 2025, les plafonds de prise en charge FIF-PL sont revenus à leur niveau d’avant 2023, et ça change concrètement ce que vous pouvez vous faire financer en 2026. Beaucoup de kinés ont encore en tête les plafonds réduits de ces deux dernières années et sous-utilisent leurs droits sans le savoir.

    Ce qui a changé en 2026

    Entre 2023 et 2025, les plafonds FIF-PL avaient été réduits (200 € par jour, 600 € par an), en partie pour limiter les abus et maîtriser le budget de l’organisme. Depuis octobre 2025, ils sont revenus à 300 € par jour et 900 € par an pour 2026. Concrètement, une formation de 3 jours peut désormais être financée quasiment en totalité (3 × 300 € = 900 €), là où il fallait auparavant compléter de sa poche.

    LE PLAFOND

    900 € / an

    et 300 € par jour de formation depuis octobre 2025 — de quoi financer quasiment en totalité une formation de 3 jours (3 × 300 € = 900 €).

    Les plafonds et les conditions à connaître

    Pour 2026, voici ce qu’il faut retenir avant de monter votre dossier :

    • Plafond : 900 € par an et 300 € par jour de formation
    • Organisme obligatoirement certifié Qualiopi
    • E-learning limité à 50 % des critères journaliers et annuels ; durée minimale d’une journée (6 h) ou de trois modules de 2 h consécutifs
    • Formation en lien avec votre exercice professionnel, conforme aux recommandations de la HAS et du Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes
    • Non cumulable avec un financement CPF ou France Compétences ; seuls les ateliers pratiques d’un congrès sont finançables, pas le congrès en tant que tel

    Bon à savoir : le FIF-PL publie aussi un barème dégressif pour les auto-entrepreneurs, selon leur cotisation à la Contribution à la Formation Professionnelle. Ce barème ne vous concerne pas si vous exercez en tant que kiné conventionné classique : comme on l’a vu dans notre article sur le statut, ce régime n’est pas ouvert à cette profession dans le cadre conventionnel. Les plafonds ci-dessus sont ceux qui s’appliquent à votre situation.

    À NE PAS CONFONDRE

    Pas le barème auto-entrepreneur

    Le FIF-PL publie un barème dégressif pour les auto-entrepreneurs, mais ce statut n’est pas ouvert à un kiné conventionné classique — les plafonds 900 €/300 € sont les seuls qui s’appliquent à sa situation.

    Comment faire votre demande, étape par étape

    • Avant la formation : créez votre « compte FIF-PL » en ligne avec votre numéro de SIRET personnel
    • Avant le début de la formation : déposez votre « demande de prise en charge » avec le programme, le devis ou la facture, et un RIB, au format PDF
    • Après la formation : transmettez votre attestation de présence et de règlement pour déclencher le remboursement

    FIF-PL ou DPC : lequel utiliser, et peut-on cumuler les deux

    Si vous exercez en tant que kiné conventionné, vous avez aussi accès au DPC (Développement Professionnel Continu), qui fonctionne différemment :

    • DPC : 14 h par an prises en charge, à 38 € de l’heure (soit environ 532 € par an au maximum), sans avance de frais
    • FIF-PL : rembourse des frais déjà engagés, dans la limite des plafonds vus plus haut, pour toute formation éligible
    • Cumul possible sur la même année civile pour des formations différentes, mais pas sur une même formation : le FIF-PL ne finance que les jours de cette formation qui ne sont pas déjà couverts par le DPC
    • Notre conseil : épuisez d’abord vos heures de DPC, qui sont gratuites, avant de mobiliser votre enveloppe FIF-PL pour le reste

    À noter : le DPC n’est pas qu’une option, c’est aussi une obligation triennale (deux actions d’au moins deux types différents sur trois ans). Le suivre en priorité coche donc cette case tout en libérant votre budget FIF-PL pour vos autres projets de formation.

    À NE PAS CONFONDRE

    FIF-PL ≠ DPC

    Le FIF-PL est une option de financement. Le DPC est aussi une obligation triennale (deux actions d’au moins deux types différents sur trois ans) — le suivre en priorité libère le budget FIF-PL pour d’autres formations.

    En résumé : avec le retour des plafonds 2026, le FIF-PL redevient un vrai levier pour financer une formation continue ambitieuse. Le réflexe à prendre est simple : d’abord vos heures de DPC, gratuites et obligatoires, puis le FIF-PL pour tout le reste, dans la limite de 900 € par an. Un dossier bien monté, avec les bons justificatifs, peut faire une vraie différence sur votre budget formation de l’année.

    Sources

    • FIF-PL, critères de prise en charge pour les masseurs-kinésithérapeutes (2026) — fifpl.fr
    • FIF-PL, ma prise en charge en 3 étapes — fifpl.fr
    • DPC ou FIF-PL pour un kiné en 2026 : comment choisir — physio-learning.com